Technologie & clitoris


LES RECO' CUL

Depuis 2 ans, le fameux « rabbit » de Sex and the city semble presque has-been face à une nouvelle génération de sex toys : les stimulateurs clitoridiens, et notamment ceux qui fonctionnent sans contact. Ils abandonnent la vibration et la pénétration pour miser uniquement sur une technique d’aspiration du clitoris. On a eu la chance de tester le Liberty, le modèle de voyage de la marque Womanizer, à l’origine de l’invention de la technologie « Pleasure Air ». Le fonctionnement est assez simple et pourtant novateur : l’objet dispose d’un embout avec un petit trou, dans lequel on va caler le gland du clitoris qui va alors kiffer des pulsations d’air, similaires à des aspirations légères. Plutôt que de sortir un 18ème smartphone multifonction, en voilà de la matière grise utilisée à bon escient !

Clairement, l’objet est chou et a une finition haute gamme. Tellement qu’on pourrait avoir envie de le laisser traîner en déco : « Ah ça ? C’est d’un décorateur finlandais, je l’ai trouvé dans un petit pop up à Tokyo, hyper conceptuel… » Comme on fait gaffe à ce qu’on se met sur le minou, il faut savoir qu’il est fait en matériaux sains (silicone, ABS). Il tient dans la paume de la main et ses boutons de puissance sont facilement accessibles, ce qui est essentiel pour un kiff sans encombre.

Côté efficacité, la marque annonce que « 98 % des testeuses atteignent l'orgasme et ce, souvent en moins de 30 secondes ». Et le résultat est là : à peine l’embout en place et la surprise de l’effet de l’air passée, on jouit clairement en moins de deux. On sent que le clitoris est vraiment englobé par les pulsations, ce qui procure une sensation vraiment nouvelle et différente de la masturbation par friction. C’est un sex toy qui parle aux flemmardes qui veulent du rapide et de l’efficacité.Car là, pas d’avant-bras qui fatiguent : une fois qu’on a trouvé comment bien positionner l’embout, il ne reste qu’à garder la pose et attendre son petit  dû, pépouze.

Alors vite fait, bien fait ? Oui et non. Avec le Liberty, quasi pas de déconvenue, l’orgasme est presque assuré ! Mais même s’il a le mérite d’arriver vite, il peut être assez court et pas forcément inoubliable. Ce type de sex toy donne aussi une nouvelle option à celles qui ont du mal avec le toucher direct du gland ou qui peuvent avoir un blocage à se stimuler avec leurs doigts. 

Womanizer - Liberty (waterproof), 99€
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Rédigé par Marion Le Guenic
Article à retrouver dans le Biche Magazine n°3, rubrique “Prendre et recevoir” page 37

Témoignage : la contraception masculine



C
ar le Gang ne donne pas que la parole aux meufs, découvrez le témoignage de Gilles :

Salut, je m’appelle Gilles et j’ai testé une contraception destinée aux hommes ! J’ai nommé, le slip chauffant...

Commençons par la base. La température du corps est de 37,5°C. Celle des testicules est de 35°C puisque ces dernières sont situées dans le scrotum. Cela permet à la spermatogenèse de se faire sans soucis. Or à la température du corps, les spermatozoïdes sont moins nombreux et moins performants. En partant de ce constat, le Docteur Mieusset du CHU de Toulouse a conçu un sous-vêtement contraceptif. C’est un slip avec un trou pour y mettre son pénis. On tire un peu sur la peau des testicules ce qui fait remonter les bourses à l’intérieur. Il faut le porter tous les jours, du lever au coucher, pour qu’il soit efficient. En principe, au bout de 3 mois, après un spermogramme, on sait si on est non-fertile (c’est évidemment temporaire).

Un de mes amis l’utilise depuis 4 ans et ça fonctionne pour lui, alors ça m'a motivé à tenter aussi l'expérience. Comme tout ce qui est inconnu, ça fait peur mais je me suis dit qu’en me mettant à la CT (contraception thermique), je pourrais participer à la création de données, en parler autour de moi et faire un peu avancer la science. Je l’ai également fait dans une volonté de partage des responsabilités. Qui, dans la société, porte le poids de nos progénitures ? Au sein d’un couple, lorsqu’on cherche à passer à une contraception plus durable et plus « agréable » dans nos rapports, on pense spontanément à la pilule, puis éventuellement aux autres moyens (stérilet, patch…). Tous sont destinés aux femmes. En utilisant la CT, j’aimerais juste replacer la contraception dans nos discussions. Quelle contraception veut-on dans notre couple ?

Les contraceptions hormonales pour hommes sont en test mais elles révèlent les mêmes effets secondaires que pour les femmes… En revanche, je ne connais pas de risques liés à la CT. Il faudrait voir si au bout de plusieurs années, le seuil de fertilité revient toujours aussi vite.
Porter le slip a été pour moi comme porter de nouvelles chaussures, il faut s’y habituer. Il faut aussi y penser tous les jours. Au bout de deux semaines, j’avais pris le réflexe. C’est uniquement lorsque j’ai arrêté que j’ai pris conscience du temps que ça me prenait.

J’ai porté le slip pendant 1 an. Après un premier spermogramme pour connaître mon seuil de fertilité « normal », un nouveau test fut réalisé au bout de 3 mois. J’étais passé de 300 millions de spermatozoïdes mobiles à 17 millions, la descente fut drastique, mais pas suffisante puisque le seuil de non-fertilité se situe en-dessous d’un million. J’ai ensuite refait des tests au cours de l’année mais je suis resté autour de 3 millions : ce n’était donc pas assez concluant pour que cette contraception soit efficace dans mon cas. À la demande du Docteur Mieusset, j’ai mis mon expérience sur pause. Je pense avoir compris d'où venait le problème : il faut juste réajuster quelques coutures du slip ! Après ces modifications, je retournerai voir le médecin pour tenter de nouveau l’expérience.

Si cette contraception est encore peu connue, j’imagine que c’est en partie parce qu’elle touche à la masculinité et à la virilité. Comment peut-on être un homme si on est incapable de procréer ? Est-ce que cela joue sur notre capacité érectile (comprendre « puissance » dans une société patriarcale viriliste) ? En connaissance de cause, je peux répondre que non.

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Rédigé par Gilles
Article à retrouver dans le Biche Magazine n°2, rubrique "Thérapie de groupe", page 22.

Portrait historique / Sacagawea : Le courage de « l'oiseau qui plonge dans l'eau »


D
ans les mythes fondateurs de la superpuissance états-unienne, sont souvent mis de côté les premiers habitants de ce continent, certains ayant pourtant contribué à l'établissement de cet état sur leur terre. C'est le cas de Sacagawea, Amérindienne de la tribu des Shoshones, vivant sur les Grandes Plaines.  

Elle vit le jour en 1788, dans ce qui est aujourd'hui l'Idaho, alors que la toute jeune nation états-unienne ne s'étend que sur la côte Est. Lorsqu'elle a une douzaine d'années, elle est kidnappée par une tribu rivale, puis vendue à un trappeur québécois, Toussaint Charbonneau, qui fera d’elle sa femme (ou plutôt l'une de ses femmes)... Son existence va de nouveau être bouleversée à l'hiver 1804-1805, le jour où les capitaines Meriwether Lewis et William Clark font la rencontre du trappeur. Les deux hommes sont mandatés par le président Thomas Jefferson afin de trouver une route vers le Grand Ouest sauvage, encore méconnu. Il s'agit d'évaluer le territoire fraîchement acquis, mais également d'atteindre la côte ouest du continent. Ils vont ainsi remonter le fleuve Missouri jusqu'à atteindre l'Oregon. Toussaint est embarqué dans l'expédition en qualité d'interprète : il connaît la langue autochtone parlée par le peuple sioux. Sacagawea se joint à eux, pour sa connaissance du langage shoshone. C'est finalement cette dernière qui s'illustra tout au long de cette épopée.

En effet, elle fut d'un grand secours pour les hommes de Lewis et Clark grâce à sa connaissance des territoires arpentés, parfois hostiles. Son courage fut d'autant plus salué qu'elle donna naissance à son fils au tout début du périple avec le corps expéditionnaire. Elle le porta sur son dos durant tout le voyage. Malgré cela, elle réussit à sauver des flots les cahiers de notes des deux capitaines, entre autres biens, lors d'une excursion sur une rivière portant désormais son nom. Elle fut également d'un grand renfort lors de rencontres avec des tribus indiennes, de par ses talents d'interprète. Elle permit, par ailleurs, aux hommes de l'expédition de s'alimenter dans des conditions difficiles, en leur montrant qu'il était possible de se nourrir de certaines plantes. De plus, ayant déjà appréhendé certains espaces, elle indiqua à plusieurs reprises d'astucieux passages, à l'orée de la rivière Yellowstone, ou du passage délicat des Rocheuses, par exemple.

Son apport fut largement reconnu par les deux explorateurs américains, notamment dans leurs notes, et l'histoire aura retenu son nom tant son aide fut précieuse. La fin de sa vie est plus mystérieuse. Il est dit qu'elle et son époux vécurent trois ans parmi les amérindiens Hidatsa, puis rejoignirent William Clark dans le Missouri. Toutefois, un doute subsiste quant à sa mort. Certains historiens affirment qu'elle s'éteignit en 1812, et que son époux succomba peu de temps après, laissant la garde de leurs enfants à Clark. Mais d'autres prétendent qu'elle retourna finalement parmi les siens et mourut bien plus tard, en 1884. En tout cas, son nom est désormais gravé dans l'histoire d'une nation qui a pourtant eu tendance à omettre ceux des premiers occupants de ses terres. 
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Rédigé par Kãman Messaadi
Illustré par Eloïse Coussy
Article à retrouver dans le Biche Magazine n°3, rubrique “Queen Biche, l’historique” page 10